Monument aux Coloniaux français et aux morts belges de 1914 – 1918
Localisation : Rue de Neufchâteau (Route nationale 801), à la sortie de Rossignol dans la direction de Neufchâteau, juste à côté du cimetière militaire français de l'Orée de la forêt, au lieu-dit "Le Poilu" (altitude 360 mètres).
Coordonnées GPS : 49.729935, 5.482133
Inscription figurant sur ce monument :
Frontispice
"À LA GLOIRE / DES COLONIAUX
22 AOÛT 1914"
Socle de la statue
"SOLDATS BELGES
MORTS AU CHAMP D'HONNEUR
[Quatre noms]
AU CIMETIÈRE SUD REPOSENT
2379 SOLDATS FRANÇAIS INCONNUS"
"MORTS AU CHAMP D'HONNEUR
1ER COLONIAL 877
2E COLONIAL 795
3E COLONIAL 696
7E COLONIAL 669
21E COLONIAL 780
23E COLONIAL 760
2E ARTILLERIE COLONIALE 474
3E CHASSEURS D'AFRIQUE 365
6E DRAGONS 204
1ER GÉNIE 753"
"112 VICTIMES CIVILES
LÂCHEMENT FUSILLÉES
PAR LES ALLEMANDS
LE 26 AOÛT 1914 À ARLON"
"LE 21 AOÛT 1927
CE MONUMENT A ÉTÉ INAUGURÉ
EN PRÉSENCE DE MM.
LE GÉNÉRAL GOURAUD
LIEUTENANT-GÉNÉRAL, CONSTANT
HINQUE BOURGMESTRE,
FEUNETTE PRÉSIDENT DU COMITÉ
D'ÉRECTION
MONUMENT RESTAURÉ EN AOÛT 1994
PAR
LE SOUVENIR FRANÇAIS
ET
LE COMITÉ NATIONAL DES TRADITIONS
DES TROUPES DE MARINE"
Historique :
Le monument le plus prestigieux de la région rappelle le souvenir de la 3e division d’infanterie coloniale de l’armée française massacrée le 22 août 1914 dans les bois de Rossignol par le VI corps d’armée silésien, celui-ci, appelé « le monument aux Marsouins ».
Les différents régiments de cette division d’élite engagés dans la région perdirent quelques 5.000 hommes au début de la guerre.
Les coloniaux étaient surnommés les marsouins en référence aux cétacés qui suivent les bateaux. Ce terme remonte à l’époque où les troupes coloniales étaient appelées troupes de la marine. A la création des corps de fusillés, ces marins militaires deviennent les défenseurs sur les navires de guerre et les soldats d’infanterie de simples passagers. Ils reçoivent alors le sobriquet de marsouin. Même si les Français subissent la défaite lors du combat de Rossignol ; aux yeux de la population locale, ils deviennent les « défenseurs » et leur souvenir doit être entretenu. Le marsouin du monument, en position d’attaque, semble prêt à affronter l’ennemi. Il n’évoque pas les réalités de la bataille de Rossignol mais plutôt l’orgueil et la détermination que l’on prête aux coloniaux. Ce monument commémoratif en grès bleu a été réalisé par la marbrerie d’Edouard Jeanmart de Sainte-Marie-sur-Semois. Création d’une entreprise locale, il constitue une œuvre originale et imposante.
Paul Feunette est à l’origine de ce monument. Père du soldat français Gabriel Feunette, décédé à la bataille de Rossignol, il ne s’est jamais remis de sa mort, se reprochant de l’avoir envoyé chez les Chasseurs d’Afrique. Il fonde un comité et obtient de patronage du roi Albert 1er, de Raymond Poincaré et de nombreuses personnalités belges et françaises. Un an après l’inauguration du monument, de retour à Rossignol pour les commémorations du souvenir, il se suicide dans la forêt. La cérémonie d’inauguration du monument a lieu en grande pompe le 21 août 1927, malgré un temps détestable. Una assistance considérable y participe. Le général français Gouraud y décerne la Croix de guerre avec citation à l’ordre de la nation française à la commune de Rossignol. Cette décoration militaire salue la conduite exceptionnelle des habitants de Rossignol pour avoir assisté les blessés et entretenu les tombes des soldats français malgré les atrocités allemandes et l’occupation. Cette Croix de guerre est dérobée par les Allemands en 1940. Elle est rendue à la commune, en 1948, lors d’une cérémonie organisée à l’initiative du gouvernement français.