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18 juillet 1918: les frères Louis et Anthony Collard sont fusillés

Pour la Dame Blanche, c’étaient les Godefroid. Godefroid I et Godefroid II. Pour leurs amis, pour leur famille, pour nous, ce sont les frères Collard. Louis et Anthony Collard. Un grand blond au regard doux de 21 ans et un plus petit, plus vif, plus impétueux de 20 ans. L’un a la sensibilité d’un poète, l’autre est musicien.

Ils pensaient quitter Tintigny, leur Gaume natale, pour servir leur pays sur l’Yser. Mais ils ont entendu l’appel de la Dame Blanche et sont montés sur Liège.

Ils ont juré « de ne rien révéler de l’organisation à qui que ce soit, même si cela doit entrainer la mort ».

Dès le début de leur mission, ils étonnent par leur maîtrise de soi, leur force de volonté. Ils ont créé un réseau dans le Virtonnais, communiquent aux nouveaux enrôlés le feu de leur enthousiasme.

La Dame Blanche est fière d’eux ! Ils préparent leur prochaine mission, protégés par les murs de la villa des hirondelles, sur la rive droite de la Meuse, non loin du pont de Wandre, bien loin de leur douce et lumineuse Gaume.

Ce jour maudit, c’est le diable qui a conduit ces deux policiers allemands à la Villa des Hirondelles. Ils cherchaient une suspecte française à Wandre et sont arrivés devant la fatale villa par hasard.

Jour maudit que ce vendredi 8 mars 1918 qui a vu l’arrestation des 5 habitants de la villa des hirondelles, dont les frères Collard, les seuls en possession de documents compromettants.

Les allemands jubilent ! Ils ont enfin une piste pour stopper ce réseau de renseignement qu’ils présentent tentaculaire. Mais la Dame Blanche ne s’inquiète pas. Elle a confiance en ses hommes. Ils ne trahiront pas.

Et effectivement, ils n’ont rien dit ! Malgré les privations, la faim, la solitude, malgré les interrogatoires musclés, la torture, ils n’ont rien dit.

 

Tout était souffrance dans la vie des Godefroid depuis la journée fatale où les policiers allemands étaient venus les surprendre à la Villa des Hirondelles. Tout… Plus une minute, plus une seconde de détente ou de répit… Alerte continuelle. Ah ! ces terribles interrogatoires ! […] Tout accepter, injures, coups, blessures n’était rien. Ce qui angoissait les deux braves, c’était la crainte de succomber un jour sous la pression des mauvais traitements, de perdre la tête ne fût-ce qu’un instant. […] Autre supplice, tout aussi redoutable que les interrogatoires parce que ne laissant nul répit à ceux qui l’endurent : la faim. Ces deux solides gars ne reçoivent comme nourriture qu’un morceau de pain le matin, un peu de soupe à midi et à six heures. A ce régime, le corps dépérit lentement, les énergies faiblissent, le désespoir s’insinue lentement dans les cœurs les mieux cuirassés contre les défaillances. Godefroid I écrit sur les murs du préau : « De grâce, secourez-nous, nous mourons de faim ! » et Godefroid II : « Du pain ! du pain ! »

Le drame de la villa des hirondelles, Lombard Laurent, ed vox patriae, 1939

 

Pas un indice, rien. Fidèles à leur serment, fidèles à la Belgique, postés par une foi mystique, ils endurent ce traitement pendant 4 mois.

Ne pouvant rien en tirer, de guerre las, les allemands les condamnent à mort ! Et on accorde au père le droit de rencontrer une dernière fois ses fils.

 

« Mes enfants. continue le père des Godefroid, prononcent avec affection le nom de chacun et demandent des nouvelles de tous. On dirait que c’est le sort des autres qui les préoccupe. Avec un à-propos et une précision admirable, ils me font leurs suprêmes recommandations…

Au signal de la séparation, ils se jettent à genoux : « Papa, donnez-nous votre dernière bénédiction. »

Je les bénis, puis me prosternant à mon tour : « Vous aussi, mes enfants, avant de mourir, bénissez votre vieux père. »

Nous étions tous trois à genoux.
On donne un nouveau signal. J’embrasse mes fils. Ils s’en vont sans verser une larme, la démarche fière, me laissant un dernier mot de consolation et d’affection.
Déjà ils ont quitté la salle. Je me rends compte alors de ma cruelle situation. « Oh mon Dieu, m’écriai-je, ils sont partis, je ne les reverrai plus ! »

Le drame de la villa des hirondelles, Lombard Laurent, ed vox patriae, 1939

 

Ce 18 Juillet 1918, il y a 100 ans exactement, malgré l’horrible tragédie qui endeuille le monde depuis 4 ans, le soleil caresse doucement la terre, les senteurs de la végétation en maturation embaument et les oiseaux pépient gaiement, rappellent aux frères Collard leur Gaume adorée.

Ils ont marché vers les poteaux en chantant le « magnificiat », en marchant la tête haute.

Quand les détonations résonnent à la Chartreuse, les oiseaux se taisent et d’envolent pour cacher leur chagrin. Sur les collines de Liège, la Dame Blanche verse une larme sur ses fils et volontaires pour leur sacrifice silencieux, permettant aux 120 membres du réseau de continuer le combat !

Ne les oubliez pas ! Jamais !

 

C. Schaubroeck