CHAPITRE 1 : Le passé et ses traces

Pour Roger Marchal[1], l’origine de Tintigny est plutôt obscure…  Oserait-on prétendre que son existence pourrait remonter aux premiers temps de la domination romaine ?  Pourtant, la proximité de Tintigny avec la voie romaine consulaire Reims–Trèves, construite au 1er siècle, la découverte de nombreux débris d’établissements romains et de vases funéraires confirment en tous cas l’opinion qu’il y avait en cet endroit et à cette époque, tout au moins, une agglomération naissante.

Les nombreux sites agréables qu’offre le territoire de Tintigny, son sol fertile, ses eaux abondantes, la Semois bien plus poissonneuse que de nos jours peuvent peut-être avoir incité des familles à venir s’y établir.  Les lieux-dits « Chépée », « La Grange aux Bois », « La Vieille Han », « Villémont », « Longhu », « La Prêle », « Houdrémont », « La Petite Tintigny » portent encore des traces évidentes de la période romaine.  Ce n’était autre, sans doute, que des villas, ce qu’on appellerait aujourd’hui des fermes avec habitation de maître. Etait-ce de petits villages, des hameaux ?  D’autres comme « Les Saucettes », « Le Vivier aux joyaux », « La Coue », « Le Gros Terme », la « Masure Cunis », la « Côre », « Le Château Nu » sont marqués eux aussi de l’empreinte de cette époque.

N’a-t-on pas découvert à proximité des restes de bains trouvés à la « Grange aux Bois », lorsqu’on a construit la route de Tintigny à Croix-Rouge, un cimetière avec des urnes cinéraires contenant des débris d’ossements calcinés, des fioles de verre, des anneaux et divers autres objets ?

1.- L’AGE DU FER ET LA PERIODE CELTE

Toutefois, les traces les plus anciennes de peuplement de l’actuelle entité de Tintigny datent de l’Age du Fer.  Le site de Saint-Vincent est remarquable à plusieurs titres : un nombre important de tertres funéraires, des objets en céramique qui renvoient l’image d’une communauté agraire relativement paisible.

L’âge du Fer dure un peu moins d’un millénaire (de 850-750 à la fin du 1er siècle av. JC) ; le premier Age du Fer (époque de Hallstatt) couvre la période comprise entre 850-750 et 475 ; le deuxième Age du Fer (époque de La Tène), la période comprise entre 475 et la fin du 1er siècle av JC).

Le cimetière à incinération de Saint-Vincent et celui de Breuvanne – dont on suppose l’existence – font partie d’un même ensemble de traces archéologiques de cette époque lointaine du premier Age du Fer : l’habitat de Sainte-Marie-sur-Semois (Huombois), la forteresse “ La Tranchée des Portes ” à Etalle (éperon naturel choisi pour ses qualités stratégiques et dont l’accès est barré par un puissant rempart défensif interrompu par plusieurs entrées), la forteresse du Châtelet à Ethe [2]. On peut également y inclure la forteresse du Gros Cron (Lahage) : un petit éperon barré d’une superficie de 18 ares, protégé par une double vallation, d’une longueur de 114 mètres, présentant deux phases de construction, la seconde venant renforcer la valeur défensive de la première œuvre.  Il est daté, par analyse au radiocarbone, de la Tène finale, le 1er siècle avant J.-C  [3].

Plusieurs termes désignent les lieux fortifiés de l’âge du fer [4].

-            Refuge : endroit occupé par intermittence selon le degré d’incertitude.

-            Oppidum : vaste retranchement de la fin de l’âge du fer où se combinent généralement les fonctions politiques, économiques et religieuses, et dans lequel apparaît un embryon d’urbanisation.

-            Castellum : terme qui ne désigne pas forcément un endroit fortifié.

Delhez (ibid.) souligne que les sites gaumais n’ont pas fait l’objet de fouilles systématiques de leur surface intérieure et qu’il n’est donc pas possible de se prononcer définitivement sur leurs fonctions exactes.  Selon lui, on peut les qualifier de « forteresses » en raison des remparts et des fossés qui les protègent tous.

Le territoire de l’Ardenne et de la Gaume est, il est vrai, propice à de telles utilisations : des promontoires rocheux, un terrain accidenté, un réseau hydrographique dessinant de profonds vallons et des méandres sinueux offraient un abri pour des fortifications de hauteurs.  Il en subsiste aujourd’hui des fossés et des talus qui peuvent atteindre une dénivellation de 13 mètres.  Leur surface est très disparate, variant de 18 ares à Lahage à 100 ha à Etalle[5].

On notera que les affleurements de cron et alentours, formant la « Cranière » à Lahage, ont été classés le 04/10/74.

Selon Francis Porlot [6], le terme de « cron » désigne les formations calcaires dues à l’écoulement de l’eau sur le sol : l’eau jaillit du sol chargée de calcaire et celui-ci se dépose en forme de vasques de tuf.

« Si ce phénomène naturel, dit « source incrustante » n'est pas rare en pays calcaire, les termes cités ici ne se rencontrent que dans la province du Luxembourg, dans la vallée de la Semois et plus particulièrement à Montauban et Lahage. Nous avons trouvé le Cron de Buzenol, celui de Huombois et celui de Meix-devant-Virton, pas loin se trouve le Gros Cron de Lahage (gare à la prononciation !).  Les venues d'eau responsables de ces dépôts sont aussi nommées, ainsi la résurgence du Gros Cron, l'exurgence du Cron de Lahage, celle du Cron de Meix-devant-Virton ».

Le Gros Cron

Important bloc de tuf, roche de porosité élevée et très légère formée de concrétion calcaire déposée par la source qui sort quelques mètres en amont.  Les dépôts de calcaire ont pris ici à Lahage l’aspect d’un rocher qui constitue une curiosité scientifique et touristique très ancienne. En 1978, le service national des fouilles a mis en évidence une petite place forte de l’époque celte (1er siècle avant JC) installée sur le promontoire dominant le Gros Cron.


Le Petit Cron


Autre bloc de tuf formé par les dépôts d’une source calcaire.  En face de ce petit rocher, s’élevait jusqu’à la Révolution française un petit ermitage qui abrita l’un ou l’autre religieux solitaire.

Les quatre groupes de tertres funéraires de Saint-Vincent sont les seules nécropoles hallstatiennes de la Province de Luxembourg [7].

A Saint-Vincent, le site compte 123 tertres de dimensions inégales oscillant de 4 à 16 m de diamètre pour une hauteur de 20 cm à 1,90 m (Brau P., ibid.).  D’autres auteurs (Delhez J.Cl., ibid.) relèvent au moins 200 tombelles funéraires groupées en 6 stations successives et datées grâce à la céramique d’influence marnienne qui y fut trouvée, du 7ème siècle avant J.-C.  Le site a donc été utilisé à la charnière entre le premier (Hallstatt, ca –800/-450) et le deuxième (La Tène, -450/-50) âge du fer.

Delhez se réfère aux recherches de Mariën et de Anne Cahen-Delhaye.  Mariën a étudié 88 tombelles des 123 de la 2ème station et en a signalé 7 autres dans les bois de Saint-Vincent[8].  Cahen-Delhaye en recense 25 supplémentaires dans les bois de Bellefontaine [9]

En ce qui le concerne, Delhez a identifié 6 stations échelonnées en un arc de cercle d’une longueur de 2 km, orienté nord-ouest/sud-est. Il y a dénombré en commençant par le nord-ouest :

·         20 tombelles certaines et 10 douteuses,

·         123 certaines,

·         2 certaines,

·         4 certaines et 3 douteuses,

·         40 certaines et 15 douteuses,

·         11 certaines et 9 douteuses.     

Soit un total de 200 tombelles certaines et 37 douteuses. La plupart, peut-être la totalité des tombelles qui n’ont pas été fouillées scientifiquement ont été profanées par des particuliers.  Ceci, ajouté au fait qu’il est parfois malaisé de distinguer une petite tombelle d’un relief naturel, explique l’incertitude des 37 douteuses (Delhez, ibid.).

Le rite funéraire pratiqué est sans exception celui de l’incinération, même si les ossements ont été déposés de différentes façons : réunis en tas ou éparpillés sur le bûcher (parfois autour d’un vase), rassemblés dans une enveloppe en matière périssable ou une urne déposée à même le sol, sur les vestiges du bûcher ou placée dans une petite fosse.  Le mobilier funéraire est réduit et certaines sépultures étaient même dépourvues de toute offrande.  Surtout représenté par de la céramique – des urnes, des terrines, des tasses, des bols et des godets – il ne comporte que de rares pièces métalliques (un rasoir en fer, des épingles en bronze et en fer, fragments de bracelets en bronze et en plomb).  La rareté du matériel et l’absence d’armes donnent ici l’image d’une communauté assez égalitaire d’agriculteurs ou de pasteurs [10].

Vers 470 avant J.C., début du second Age du Fer, des populations d’origine celte s’introduisent dans la région.  Le climat d’insécurité incite les populations à se réfugier dans les sites à protection naturelle : la forteresse d’Etalle est de nouveau occupée, de même que l’éperon de Montauban-Buzenol, défendu par un rempart de terre.  L’habitude d’ériger des tertres ou tumuli tombe alors en désuétude au profit de tombes plates.

On peut également consulter à ce propos : Cahen-Delhaye A., “ Un dépôt de vases hallstattiens à Huombois ” et “ Fibules romaines du Musée gaumais à Virton ” [11].  L’auteur y note la découverte d’une fibule dans le cimetière de Poncelle, un hameau proche de Tintigny, datant probablement du 2ème siècle.

Le Chemin de la Fontaine aux Parents

Les anciens racontent qu’à l’époque celte, plusieurs siècles avant Jésus Christ, l’endroit servait de lieu de réunion aux dirigeants de la communauté locale.  A remarquer l’empierrement du chemin qui date de l’exploitation des minières de Tintigny.  Les convoyeurs de minerai ramenaient le laitier et les scories (la crasse) des hauts fourneaux et les répandaient pour consolider les chemins.

2.- L’EPOQUE GALLO-ROMAINE [12]

La Guerre des Gaules (58-51) et les troubles qui s’ensuivent ruinent le développement commercial naissant et obligent les populations, une fois de plus, à se retrancher dans les sites de hauteur.  De nouvelles fortifications s’élèvent aux confins de Bellefontaine.  La place forte d’Etalle subit une nouvelle occupation.  Par ailleurs, celle de Buzenol s’entoure d’une enceinte s’ouvrant par une entrée en chicane.  Des tombes plates de cette époque ont été exhumées à Tintigny-Breuvanne.

Durant le Haut Empire romain, une forme particulière d’installation des populations se développe sous forme de vicus (bourg, village) comme celui de Vertunum (d’où vient Virton, aujourd’hui entité de Saint-Mard) à proximité de nombreuses villae (fermes uniques servant à l’exploitation des terres).

L’aménagement du territoire par les Romains débute au 1er siècle.  Un nouveau réseau de chaussées se compose du grand axe Reims-Trèves traversant d’Ouest en Est la Gaume et le Pays d’Arlon.  Son tracé correspond en grande partie à celui de la route actuelle reliant Florenville à Arlon.  Ses dates de construction déduites de la mention relative à l’empereur Claude 1er (45-54) sont connus par la borne militaire romaine retrouvée en remploi dans le mur du donjon du refuge antique de Montauban.

La Chaussée Romaine

Reliant Reims à Trêves, cette voie de grande communication de quelques 200 kilomètres fut construite au 1er siècle après Jésus Christ comme l’atteste la borne milliaire retrouvée à Montauban.  La voie traversait Yvoix-Carignan, entrait dans l’actuelle province de Luxembourg par Chameleux-Florenville puis gagnait successivement Izel, Saint-Vincent, Bellefontaine, Poncelle, Sainte-Marie-Sur-Semois, Etalle, Vance et Orolaunum (Arlon) d’où elle filait vers le Grand-Duché de Luxembourg et Trêves, une des capitales de l’empire romain.

Le long de cette voie se sont développés des relais (comme celui de Chameleux), des nécropoles et des habitats (Rulles, Tintigny, Poncelle, Jamoigne, Sivry, Chantemelle), des temples (comme la Tour Brunehault à Izel), les vici (comme Vertunum, entité de Saint-Mard) avec ses quartiers artisanaux, ses thermes,…

Dans sa description de la chaussée romaine Reims-Trèves, Patrick Menon [13] note qu’à hauteur de Bellefontaine, « la chaussée romaine passe sur une hauteur (369 m), point intéressant pour les ingénieurs romains qui pouvaient alors définir une nouvelle ligne de visée (vers Sampont).  La chaussée aborde alors un tronçon rectiligne long de 15 km.  Son relief, bien marqué dans le bois de Tintigny, longe cette route de Sainte-Marie (à sa droite), à partir du cimetière militaire.  Elle forme, avec une route venant de Tintigny, le carrefour dit “ des châteaux ”.  Elle atteint ensuite un lieu nommé Gilbaupont (345 m).  Une voie ferrée traversait la chaussée et reliait Poncelle à la Croix-Rouge.  La maison d’un garde-barrière était construite sur son tracé (15 m au sud de la route actuelle).  C’est à cet endroit que l’on situe le village aujourd’hui disparu de Landin : habité par 200 personnes, la peste de 1636 l’aurait totalement effacé de la carte ».

Le nom de Tintigny date-t-il de cette époque ?  Est-il un synonyme du Tintingen allemand, sorte de champ de mars où se tenaient les plaids, la villa romaine (Tintinacum) ou la teinturerie moyenâgeuse (Tinctorie) ?  En tout cas, de nombreux débris d’établissements romains jonchent le sol de la commune : vases funéraires et vestiges de bains à proximité de la voie consulaire, cimetière romain à Poncelle attestent l’importante occupation romaine [14].

Le Fourmy du Mouty

De nombreuses monnaies romaines, des débris de tuiles et de poteries et les ruines d’un mur découvertes ici attestent la présence dès le début de notre ère d’un camp militaire romain en cet endroit stratégique qui commande un tronçon de la vie Reims-Trêves.

Durant le Bas Empire (274-476), Gaume et Ardenne sont dévastées et pillées par les invasions des Francs et des Alamans qui déferlent sur la Gaule.  Les autochtones fortifient de nombreux sites de hauteur qui vont servir d’habitat permanent ou de refuge temporaire (comme à Montauban-Buzenol, à Willers en France près du relais de Chameleux ou au château Renaud à Croix-Rouge).

3.- LE MOYEN AGE

3.1.- LE HAUT MOYEN AGE

Les 8ème et 9ème siècles voient la naissance de Chassepierre et de Jamoigne en tant que “Villas royales ” carolingiennes avoisinant leurs sanctuaires respectifs.  La paroisse de Tintigny aurait existé en 882, lors de l’invasion des Normands arrêtés par saint Dagobert[15].

Au cours du Moyen âge, on pratique l’essartage, on domestique le paysage ; les efforts de l’homme peuvent encore être distingués aujourd’hui le long de la Semois où des villages se sont implantés dans les vallées dégagées sur la forêt.  Ainsi, Rossignol serait né des défrichements dans la forêt de Chiny fin 12ème – début 13ème siècle, fut longtemps le village le plus peuplé de la prévôté de Chiny et jouait même un rôle de petit centre régional avec ses foires [16].

La forêt constitue alors une ressource particulièrement précieuse : les bûcherons y trouvent le matériau presque exclusif de l’habitat, y font le charbon de bois indispensable aux forgerons ; le bétail s’y repaît sous bonne garde car le brigandage sévit.  Cependant, les princes propriétaires vont réglementer l’usage du bois et la chasse[17].

Dans le Guide touristique des promenades pédestres et automobiles de la Semois et de la Chiers, publié par SEPAL (ibid.), l’auteur note quelques dates importantes.


1068 :

Arnoux de Chiny augmente les biens du Prieuré de Pries de la moitié de Saint-Vincent.

1097 :

première apparition du nom de Tintigny dans la charte de fondation, par le comte Arnoux, du prieuré de Sainte-Walburge à Chiny : « Je donne aux religieux en toute propriété les églises de Chassepierre, d’Orgeo et de Onhier… et de deux manses avec leurs serfs des deux sexes, une manse entre Rulles et Tintigny (inter Ruris et Tintinacum) ».  L’église primitive de Tintigny dont l’existence est attestée en 1097 est dédiée à saint Bohy, patron de la paroisse.

Dès le 10ème siècle,

la famille de Weez ou de Wiltz (wez=gué) séjourne à Poncelle, apparentée au comte de Chiny par Clémence de Chiny (980) ?

Au début du 13ème siècle,

apparaît un personnage important, Lambert, Chasier de Tintigny et d’Etalle, fiable des comtés de Chiny.

En juillet 1258,

Arnoux II, Isabelle de Weez et Wauthier son fils firent communauté pour les villes de Tintigny, Han, Poncelle, Houdement, Proelle, Villemont, Longhir, Breuvanne, Ansart et sa vouerie et les affranchirent à la loi de Beaumont.


Le Moulin de Lahage

Déjà signalé dans une charte de 1344, le moulin de Lahage tourna jusqu’au milieu du 20è siècle.  Les anciens racontent que vers 1850, tandis que le meunier devisait avec Achille Siméon, transporteur de grains, le chien de ce dernier fut dévoré par un loup devant la porte du moulin.  En 1926, le moulin fut racheté par la famille Besseling qui l’exploita jusqu’en 1954.


Durant cette époque, l’Eglise est bien présente dans la vie quotidienne.  L’Abbaye d’Orval constitue un pôle de développement régional important.

Le Vivier aux Joyaux

La tradition rapporte qu’à une période troublée du Moyen-Age, les moines de l’Abbaye d’Orval, fuyant le danger par la chaussée romaine, auraient dissimulé leurs richesses dans un vivier situé en contrebas de la chaussée et alimenté par le ruisseau du Plane.  A ce jour, « Le Vivier aux Joyaux » n’a jamais rendu son secret.

Le Lieu dit «  Sort du Meunier »

La légende rapporte qu’un meunier de Poncelle refusant obstinément de payer sa redevance en blé aux moines d’Orval fut condamné à mort et exécuté à cet endroit.

On peut brièvement rappeler les conditions de la création de l’Abbaye d’Orval[18].

« Les premiers moines à s'installer à Orval arrivèrent du sud de l'ltalie en 1070.  Le seigneur de l'endroit, le comte Arnould de Chiny, les accueillit et leur donna des terres prélevées sur son domaine.  L'église et les bâtiments conventuels furent aussitôt mis en chantier.  Pour des motifs que nous ignorons, ces pionniers se retirèrent après une quarantaine d'années.  Othon, fils d'Arnould, les remplaça alors par une petite communauté de chanoines qui put mener à bonne fin les constructions entreprises par leurs prédécesseurs; en 1124, I'église achevée était consacrée par Henri de Winton, évêque de Verdun.  Mais les chanoines connurent bientôt des difficultés d'ordre économique.  Ce qui les poussa à solliciter leur rattachement à l'Ordre de Cîteaux, alors en pleine expansion.  Leur demande fut transmise à saint Bernard, qui accepta, et confia la reprise d'Orval à l'aînée de ses maisons-filles, I'abbaye de Trois-Fontaines en Champagne.  Le 9 mars 1132, sept moines de ce monastère arrivèrent à Orval, avec à leur tête Constantin.  Moines et chanoines s'unirent en une seule communauté, et s'employèrent aussitôt à adapter les bâtiments aux usages cisterciens.  La nouvelle église fut achevée avant 1200.

Les cisterciens veillèrent aussi à créer un domaine agricole et forestier, dont l'exploitation leur permettrait de vivre selon leurs observances.  Les terres qui entourent immédiatement le monastère sont pauvres et ne conviennent pas à la culture.  Dès 1132, les religieux reçurent un petit domaine à une vingtaine de kilomètres de chez eux, à proximité de Carignan ; ce devait être le noyau de leur plus belle "grange", celle de Blanchampagne.  Au cours des années qui suivirent, ils reçurent d'autres terres en donation.  Parmi elles, il convient de mentionner le groupe de Buré-Villancy, en Meurthe-et-Moselle, qui sera le centre de l'industrie du fer des moines d'Orval.  Durant cinq siècles, Orval ne connut qu'une existence effacée, semblable à celle de beaucoup de monastères de l'Ordre.  Pendant le 12e siècle, I'abbaye paraît avoir été prospère ; dès le milieu du siècle suivant, les calamités seront souvent son lot pour de longues périodes.  Elle fut ravagée vers 1252 par un incendie dont les conséquences pesèrent sur la communauté pendant près d'un siècle.  Certains bâtiments durent être entièrement reconstruits.  La misère fut même un moment si grave que les autorités de l'Ordre de Cîteaux allèrent jusqu'à envisager la suppression du monastère ».

3.2.- LA CHARTE DE BEAUMONT

Pour stimuler l’économie, la noblesse va favoriser l’affranchissement des communautés luxembourgeoises à partir du 12ème siècle, ainsi que de nouveaux peuplements.  Les chartes accordées sont dites « au droit de Beaumont » pour le Sud, au « droit d’Ardenne » pour le Nord [19].

On trouve chez Wauthoz [20] quelques précisions sur le Droit de Beaumont.  « La charte que l’évêque de Reims, Guillaume de Champagne, aux blanches mains, octroya en 1182 à Beaumont en Argonne, fut répandue pour ainsi dire dans toutes les localités du Comté de Chiny, de Bar, ainsi que dans le Duché de Bouillon et également, mais avec moins d’amplitude, dans le Comté de Luxembourg et dans la Principauté de Liège.  En 1383, on estimait que 180 bourgades et hameaux étaient régis par le droit de Beaumont.  Le droit de Beaumont (affranchissement à la loi de Beaumont) est connu par les nombreuses chartes d’affranchissement et ensuite par un document ultérieur, datant du 15ème siècle : l’Arche de Beaumont.  Il avait pour effet de libérer du servage nos populations, de les émanciper, de permettre aux communautés d’habitants (il ne faut pas confondre communautés avec communes, telles que ces dernières sont constituées actuellement), de s’administrer elles-mêmes, de rendre la justice au degré d’appel, sauf pour les crimes et délits graves, de s’affranchir d’obligations militaires, et, dans de nombreux cas, de rendre ces communautés propriétaires de bois.  C’est la première origine des bois communaux que les communautés géraient elles-mêmes.  (…)  Le droit de Beaumont fut affranchi par Marie-Thérèse en 1775.  Nos villages ont néanmoins conservé leur “ bois d’aisances ” avec des restrictions pour ne pas en disposer abusivement ».

Selon Wauthoz, les communautés de Tintigny et Han auraient été affranchies avant 1257, Rossignol avant 1383, Saint-Vincent avant 1300.

En 1320, Gilles de Weez est seigneur de Villemont.  Tintigny devient la résidence de familles nobles importantes et ce jusqu’à la fin du 18ème siècle et subit les tribulations du château de Villemont (1302).

Le 22 juin 1530, Beaudouin de Barbanson est seigneur de Villemont, prévôt gruyer et receveur des prévôtés de Chiny et d’Etalle, gouverneur et receveur de la terre et seigneurie de Florainville par lettres patentes de l’empereur Charles V.

La Croix du Marotin

Elle rappelle l’ancienne croix érigée en ce lieu-dit et au pied de laquelle depuis la charte des franchises « loi de Beaumont en Argonne » de 1258, les hommes quarante (c’est-à-dire âgés de plus de 40 ans) se réunissaient chaque dimanche de la Pentecôte pour élire leur maire et les représentants de la communauté auprès du Seigneur de Villemont.

3.3.- LES RAVAGES DES GUERRES

L’histoire de Tintigny paraît alors marquée par les ravages des guerres [21] : les troupes françaises du duc d’Orléans envahissent le Luxembourg et dévastent les villages de Tintigny et de Rossignol en 1543.  Le château de Villemont (Tintigny), pillé et incendié cette année-là, connaîtra le même sort quinze ans plus tard (Hautecours incendie et rase le château des de Mérode et Trazegniess Mérode en 1558).  Les soudards français sont de retour au 17ème siècle, lors des guerres européennes de Louis XIV, et cette fois, c’est Rossignol qui est pillé en 1673.

Comme partout à cette époque, la peste fait des ravages, en particulier la “ grande peste ” de 1636.  Bellefontaine est même abandonné quelques années, après cette épidémie, et à la moitié du siècle, Saint-Vincent ne compte plus que deux “ feux ” pour une cinquantaine au début du siècle.  Tintigny avait jadis dix sections, cinq de celles-ci ont disparu : Vieille Han, Houdrémont, Longhir, La Prêle, la Petite Tintigny, près de la fontaine la Dame.

La Chapelle Sainte-Anne

En 1635, le France déclare la guerre à l’Espagne elle-même aux prises avec les Hollandais depuis plus de 10 ans… Les armées se rencontrèrent dans le sud-Luxembourg qui est mis à feu et à sang.  Une épidémie de peste éclate à Rossignol en 1636 et sévit jusqu’en 1640.  Les morts sont si nombreux qu’on les enterre dans un cimetière improvisé à un kilomètre au nord du village.  Parmi les victimes, on compte Jean Mathieu de Bellefontaine, Vicaire de Rossignol, mort victime de son dévouement auprès des pestiférés.  Sur sa tombe, on plaça une statue de Sainte-Anne, même de la Vierge, puis on érigea une chapelle.  Détruit à la Révolution française, l’édicule fut rebâti en 1887.  Un pèlerinage s’y rend chaque année, le dimanche qui suit la fête de Sainte-Anne, le 26 juillet.

La Croix Madjibois

Construite en pierre sinémurienne en 1667 à l’endroit où un certain Nicolas Mouflan, soldat de Louis XIV, tomba lors de la guerre franco-espagnole, qui ravagea le sud-Luxembourg après la mort de Philippe IV, Roi d’Espagne.

 


De 1683 à 1698, sous le marquis des Crochets, les Français occupent la seigneurie de Villemont.  En 1614, Louis d’Orsinfaing est seigneur du Mesnil, capitaine et prévôt de Villemont.  Il est apparenté aux du Faing, d’Anly, de Nonancourt et de Monplainchamp, qui se partagent son héritage.  En 1717, les de Prouvy sont feaux des Villemont.  En 1779 meurt à Tintigny le lieutenant feldmaréchal de Saintignon.


La Chapelle du Chenois

Au 17ème siècle, la guerre politico-religieuse dite « Guerre de Trente ans » opposa dans le Luxembourg les armées françaises et impériales.  En 1637, une effroyable épidémie de peste sévit dans notre région.  Les morts furent si nombreux à Saint-Vincent que le cimetière paroissial de Tintigny ne suffit plus.  On enterra les morts à l’orée d’un bois de chêne à proximité du village.  Une statuette de la Vierge fut accrochée à un chêne pour sanctifier le lieu.  Deux cents ans plus tard, en 1836, une chapelle fut érigée par l’abbé Florent Lhomme, curé de Saint-Vincent : la Chapelle du Chenois.  En 1917, un cimetière militaire allemand fut installé derrière la chapelle pour y faire reposer les dizaines de victimes allemandes de la bataille du Chenois du 22 août 1914.  Le cimetière a aujourd’hui disparu. Seule, subsiste une croix latine ornementale.

Les activités quotidiennes se centrent autour d’une agriculture de subsistance que les paysans pratiquent sur les terres des seigneurs des environs, en particulier les différentes familles qui se succèdent au château de Villemont et les comtes de Chiny.  Une activité artisanale centrée sur l’exploitation du minerai de fer se développe également.

Le Chemin des Minières

Les minières rappellent que du 15ème au 17ème siècle et sans doute bien avant, on exploite dans cette région du minerai de fer.  Il s’agissait de minerai de fer tendre (dit d’alluvion ou de prairie) qui s’extrayait à ciel ouvert.  Ce minerai, qu’on rencontre encore de-ci de-là, a une teneur en métal peu élevé (33%).

L’Ancien Fourneau de Rawez

En 1633, Henry le Comte, propriétaire du fourneau et de la forge de Buzenol-Montauban, obtint un octroi de Philippe de Mérode, Seigneur de Villemont pour fonder un fourneau à Rawez.  Il extrayait le minerai des minières de Saint-Vincent.  A la fin du 17ème siècle, Jacques Lambert de Grandvoir puis son fils Jean continuèrent l’activité du fourneau qui produisait à cette époque plusieurs centaines de tonnes de fonte par an.  On y moulait aussi des poteries domestiques, des poêles, des taques,…  Au 18ème siècle, Rawez pâtit de la crise de la sidérurgie luxembourgeoise.  En 1813, Charles Louis Desse, maître des Forges à Carignan acheta le fourneau de Rawez pour le céder quelques années plus tard au sieur Detrousseaux-Pressoles, maître des forges de la Soye (Gérouville), dernier exploitant connu.  Le Fourneau de Rawez cessa son activité vers le milieu du 19ème siècle.


Au cours de l’Ancien Régime (avant la Révolution française qui atteint le Luxembourg en 1795), la paroisse eut son siège à Tintigny et regroupa les quatre villages, et leurs hameaux, de l’actuelle commune fusionnée : Tintigny, Bellefontaine, Rossignol, Saint-Vincent [22].

3.4.- LE CHÂTEAU DE VILLEMONT

Ancienne forteresse incendiée en 1713 et transformée en 1718, résidence de plaisance par Gérard de Trazegniess qui lui donna le plan d’un U ouvert sur le village, avec aux angles, les quatre tours réédifiées après 1558.  Incendié en août 1914, le château fut reconstruit vers 1920 (Sarlet, Matthys, op.cit., 1995) par le baron d’Huart.

Un guide touristique édité en 1929 par le Touring Club de Belgique souligne l’intérêt du château de Villemont [23].  « Le château de Villemont, incendié en 1558 et en 1713, fut reconstruit à peu près tel qu’il existait en 1914 et formait un beau spécimen, bien conservé, de l’architecture de l’époque.  Nos envahisseurs l’ont incendié, de même que le village de Tintigny.  Les ruines de Villemont et le parc y attenant avec ses étangs, ont été classés par la Commission royale des Monuments et des Sites ».  L’auteur ajoute que cet « antique château, habité autrefois par le seigneur du village, ayant droit de haute et basse justice, possédait encore des vestiges de la féodalité, telles que meurtrières, oubliettes, prison, etc., etc. ; c’était avant la guerre une curiosité historique » (ibid., p.64)


Le Château de Villemont

Résidence du Seigneur de Villemont dont la Seigneurie durant l’ancien régime, s’étendait sur plus de 6 000 hectares et englobait les villages formant l’actuelle commune de Tintigny (sauf Rossignol).  Plusieurs grandes familles des Pays-Bas occupèrent le château de Wez, de Barbanson, de Mérode, de Trazegniess. Après la révolution française et l’abolition des droits seigneuriaux, le château fut acheté par la famille d’Huart d’Anethan dont les descendants l’occupent toujours aujourd’hui.  Le château du 18è siècle fut entièrement détruit le 22 août 1914 et reconstruit dans l’immédiat après la guerre (1922) dans le style du 18è siècle.

La Potence de Villemont

Durant l’ancien régime, le gibet se dressait ici au lieu des œuvres de haute justice.

3.5.- LA FERME CHATEAU JEAN CHARLES DE HUGO

A Bellefontaine, rue Jean-Charles de Hugo, un bâtiment mérite également notre attention : une ferme-château en quadrilatère clôturé, édifiée vers 1713-1733 pour J.C. de Hugo, notaire et officier féodal (1688-1762).  Roger Marchal [24] propose quelques éléments biographiques de celui qui fut officier féodal des seigneuries de Villemont et de Sainte-Marie, Lieutenant-Prévôt de la seigneurie de Bologne.

« Anobli le 2 mai 1733, Jean-Charles de Hugo occupa en Gaume une situation de premier plan.  Durant près de 50 ans, dans la première moitié du 18ème siècle, il fit régner l’autorité des Marquis de Trazegniess et Ducs de Corswarem-Looz.  Hugo qui était devenu un personnage marquant par l’exercice du pouvoir sur toute une région, conserva quand même son esprit petit-bourgeois, il ne s’éleva guère au-dessus des sujets villageois.  Il réussit à se faire aimer, apprécier, à susciter l’envie.  Mais son ascension sociale, son mariage avec Thérèse Bivelis, la fille du censier de Villemont, la construction de sa maison seigneuriale en 1714 sur un terrain cédé par la Marquise Catherine Charlotte de Mérode, veuve du Marquis de Trazegniess, l’affranchissement de ses terres et enfin son anoblissement accordé en 1733 par l’Empereur Charles VI, créèrent les pires ennuis à J.Ch. Hugo.  S’était-il trop bien servi tout en servant ses maîtres et un beau jour outrepassa-t-il ses droits ?  C’est une question qu’on se pose.  Toujours est-il qu’il fut appréhendé et incarcéré à la prison de Luxembourg.  Il s’en tira par un décret dû à la clémence de Charles de Lorraine ».

Maison Jean-Charles de Hugo

Fils d’un officier féodal de la seigneurie de Florenville, Jean-Charles de Hugo s’installe à Bellefontaine après son mariage en 1711.  Devenu officier féodal de la seigneurie de Villemont, il se fait construire cette belle demeure en 1714.  Il est anobli par l’Empereur Charles IV en 1733.  Il meurt à Bellefontaine en 1762 et est enterré devant l’autel de la Vierge de l’Eglise de Tintigny.

3.6.- LE CHATEAU ET L’EGLISE DE ROSSIGNOL

Situé dans l’actuelle rue Camille Joset, ce château a été construit en 1609 pour Claude de Laittres et Louise de Waha sur les ruines d’une forteresse rasée en 1558.

Joseph Remisch[25]  mentionne qu’on a « trouvé, il y a quelques années, lors de la restauration des dépendances, les fondations de deux tours ; la tour actuelle doit avoir été réparée d’après la date inscrite sur une pierre de sa façade, en 1609 ».

Roger Marchal[26] est plus précis, soulignant l’importance stratégique du château de Rossignol « pendant les guerres qui dévastèrent le Duché de Luxembourg et le Comté de Chiny au cours des 16èmes et 17ème siècles.  En 1558, ce sont les troupes du Duc de Nevers qui envahissent nos régions et s’emparent d’Ivoix, Montmédy, Jamoigne, Chiny, Rossignol tandis que le Duc de Guise assiège Thionville.  Mais le Comte de Mansfeld, Gouverneur du Luxembourg, et le Comte de Hornes l’obligent à se retirer, et dans sa retraite les troupes françaises achèvent de détruire la forteresse de Rossignol.  C’est en 1609 que le château fut reconstruit par Gilles de Waha et Claude de Laittres, successeurs de Philippe de Wal ».

C’est en 1708 qu’une église est bâtie à Rossignol : la partie inférieure de la tour subsiste encore à la base de l’actuelle Eglise paroissiale Saint Nicolas construite en 1846 [27].  On y retrouve sur des stèles funéraires la trace de familles qui ont marqué la vie locale au 17ème siècle.

André Petit [28] relevait, dans l’église St Nicolas, la présence de trois mausolées (monuments funéraires d’Evrard de Laîttres et d’Ide de Sologures, d’Anne de Custinne et de Louise de Waha) et de deux momunents, l’un sculpté dans le marbre noir (Seigneur Gilles de Waha, seigneur de Maboge, capitaine et officier du Comte de Rochefort mort le 9 août 1612 et son épouse, Marguerite de Wal, décédée le 29 juin 1624) et l’autre, érigé à la mémoire d’Alexandre d’Orsinfaing (de son vivant marcéchal des logis de la Compagnie d’ordonnance du Comte de Berlaymont, décédé le 7 janvier 1621).

Le Château de Rossignol

En 1097, Arnoul II, Comte de Chiny, bâtit à Rossignol un château-forteresse, un moulin et un four.  Une agglomération se forma. Cent ans plus tard, Rossignol devint une seigneurie.  Au 16ème siècle, les troupes du Duc de Nevers rasèrent le château. Gilles de Waha et Claude de Laittres le rebâtirent en 1609.  La famille de Laittres, originaire de Saint Mard occupa le château jusqu’en 1874, date du décès de Théodore de Laittres.  Sa sœur Gabrielle, comtesse van der Straeten-Ponthoz devint propriétaire et ses descendantes furent les dernières occupantes.  En août 1914, les comtesses van der Straeten mirent le château à la disposition de la croix-rouge qui aménagea une ambulance. Près de 800 soldats y affluèrent le 22 août 1914.  Il y a quelques années, le château (et le parc de 12 hectares) a été racheté par la commune et est devenu un centre culturel.  Les Jeunesses Musicales y organisent chaque année au mois d’août le Gaume Jazz Festival, de renommée internationale.

 

3.7.- L’église Notre Dame de l’Assomption à Tintigny

Cet édifice à trois nefs fut construit au début du 17ème siècle et restauré en 1736 et en 1806.  Le bâtiment a été classé le 21/10/80, de même qu’une partie du mur d'enceinte du cimetière.  Un édifice sacré aurait été élevé à cet endroit sur l’emplacement d’un temple païen gallo-romain, dès la première vague d’évangélisation de notre région au 5è siècle après Jésus-Christ.  Une charte du 12è siècle renseigne que depuis 882, la paroisse de Tintigny participe à la procession des reliques de Saint-Dagobert II à Stenay (le descendant du bon roi Dagobert…).

Cet édifice remarquable est comme un livre ouvert sur une partie de l’histoire de Tintigny et de sa région.  Ainsi, Petit[29] relève quelques monuments funéraires dignes d’intérêt : une dalle de pierre bleue de 63x72 cm encastrée dans le mur, à l’intérieur de l’église qui porte la mention : « Ci gist messire Englebert Philippart de Foy Bachelier en théologie qvi at est(e) 46 ans cure de Tint ny decede le 26 ivin 1676.  Priez Diev povr son ame » ; et dans le cimetière, la tombe du baron Victor-Frédéric d’Huart.  « Ce dernier, né à Villemont le 23 mai 1832, était fils d’Auguste-Henri-Vincent, baron d’Huart, chevalier du St-Empire, et d’Appoline-Eléonore d’Anethan, de la Trapperie.  Il était allé notifier à l’empereur Maximilien du Mexique la mort de Léopold Ier et fut assassiné par les Mexicains révoltés contre leur souverain »[30].  Les tombes de la famille d’Huart, dont celle de Victor Frédéric d’Huart, ont été replacées en 1930 autour de la Chapelle Notre Dame de Lorette non loin du château de Villemont.

On retrouve également dans le cimetière les tombes des derniers descendants des de Grandvoir, maîtres de forges des fourneaux de Rawez (Saint-Vincent).

L’église comporte une chapelle donnant sur le chœur de l’église par une grande baie que Bonne d’Ongnies, veuve de Henri de Barbançon, fit construire en 1607.  On retrouve la mention de la date : Aedificatum fuit anno 1607.  « Cette chapelle resta la propriété des familles qui se sont succédé à la seigneurie de Villemont ; c’est-à-dire les de Mérode, de Trazegniess, d’Anethan et enfin d’Huart.  En 1838, l’Administration communale et la fabrique de l’église de Tintigny revendiquèrent la propriété de la dite chapelle comme étant une annexe de l’église.  De longs débats s’ensuivirent et, le 13 août 1848, dans une lettre à l’Administration Communale, le baron d’Huart renonça définitivement à ses prétentions sur la chapelle »[31].

On peut encore signaler « une stèle de schiste de 70x158x5,5 cm, adossée à la façade ouest de l’église et portant l’épitaphe : Voyageur, arrête-toi un instant et vois ; hier moi et aujourd’hui toi.  Ci-gît Arsène Freimut moine et pasteur attendant, malheureux et digne de pitié, la miséricorde du seigneur.  Dans son malheur, mon cher, prie pour lui.  Né le 7 janvier 1757, mort le 24 avril 1837.  Henri Freymuth, en religion, dom Arsène, avait été moine à Orval.  Après la destruction de l’abbaye, il se retira quelque temps à Villers-devant-Orval.  En 1808, il devint curé de Saint-Vincent puis, en 1812, il fut transféré à la cure de Tintigny.  Ce fut l’avant-dernier survivant des moines d’Orval »[32].

Remisch dans le guide touristique déjà cité[33], relève parmi les pièces dignes d’intérêt : « une statue de pierre, assez grossièrement taillée.  C’est probablement une représentation de la Vierge, à laquelle l’église de Tintigny est consacrée de temps immémorial » et « un bénitier en forme de cloche renversée, posée sur un socle de pierre circulaire.  Ce bénitier est en métal, en bronze probablement, bien que le fer paraisse y dominer.  Sur le pourtour extérieur du vase existe une inscription gothique en relief, qui reproduit, dans trois lignes, l’Ave Maria.  Plusieurs des lettres sont de formes assez capricieuses et assignent au bénitier une grande ancienneté.  Il aura été vraisemblablement coulé à l’époque où le baptême avait lieu par immersion ».  Ce bénitier est aujourd’hui disparu.  Quant à la statue de pierre, elle se trouve actuellement au-dessus de la porte d’entrée de la chapelle des seigneurs ; précédemment, elle aurait été placée au-dessus de la porte d’entrée de l’ancien clocher (renversé en 1763).

L’Eglise de Tintigny

L’église actuelle, dédiée à Notre Dame de l’Assomption selon le vœu des Pères Jésuites de Luxembourg, desservant de l’église, date du 17ème siècle ainsi que l’indique le millésime « 1602 » gravé dans le mur de la chapelle des Seigneurs de Villemont. Le bâtiment a subi plusieurs transformations :

en 1736, ajout de la sacristie au chevet de l’Eglise,

en 1763, le clocher renversé par un ouragan est reconstruit sous la forme d’une tour carrée, massive.

en 1895, allongement de la nef et construction d’une nouvelle tour en style néoclassique. La chambre de la tour abrite 3 cloches : Marie-Antoinette, Bohy et Lorette. La dernière restauration date de 1982.

A l’intérieur de l’édifice, un riche mobilier de style baroque décore la nef et le chœur.  Il date de 1733 et constitue un des plus beaux ensembles du Sud Luxembourg.  Les vitraux, plus récents datent de 1923, la verrière précédente ayant été endommagée le 22 août 1914 lors de l’incendie du village par les Allemands.   Les orgues qui proviennent de la cathédrale de Saint Omer (dans le Pas de Calais, France) ont été installés dans le jubé lors de sa construction en 1910.  Avant de quitter l’église, à remarquer, à droite de la porte d’entrée, la stèle des Frères Collard, héros de la résistance 14-18, membres du réseau « Dame Blanche », capturés à Liège au Quartier Général de « Dame Blanche » le 8 mars 1918 ; ils furent torturés puis exécutés à la forteresse désaffectée de la chartreuse (Robermont Liège) sans avoir donné le moindre nom du service de renseignements.



4.- A LA VEILLE DE LA REVOLUTION FRANCAISE

En 1766, Tintigny comptait 392 habitants et 89 maisons (59 maisons à famille(s) complète(s) et 30 maisons à familles incomplètes, veufs et célibataires).  Pour les autres sections de l’actuelle commune de Tintigny, les données s’établissaient comme suit [34] :

 

Population totale

Maisons

Familles complètes

(père et mère

vivants)

Maisons à familles complètes

Maisons  à familles incomplètes

Hommes

Femmes

Enfants

Ansart

166

37

29

24

13

77

89

54

Breuvanne

154

34

27

25

9

81

73

57

Han

52

13

8

8

5

25

27

9

Poncelle

131

25

19

18

7

70

61

58

Bellefontaine

323

70

56

54

16

158

165

105

Lahage

129

37

23

23

14

68

61

44

Saint-Vincent

309

77

66

60

17

157

152

114

Rossignol

393

91

     

175

188

121

Tintigny

392

89

62

59

30

191

201

123

Pendant la révolution, en 1789, les habitants de Tintigny sauvent les cloches de l’église en les jetant à la rivière, au trou des groseilliers.  Mais à cette époque, les relations entre clergé, noblesse et pouvoirs publics ne sont pas toujours faciles.  Le Curé Duchemin et son vicaire Clesse sont arrêtés et condamnés à la déportation parce qu’ils avaient refusé de prêter le serment constitutionnel.  La sépulture de François-Louis Clesse, curé de Rossignol, inhumé dans le cimetière du village, est évocatrice.  Né à Tintigny le 4 juin 1763, il fut ordonné prêtre à Trèves le 17 septembre 1789.  La stèle funéraire porte les mentions suivantes : « Il fut confesseur de la foi en refusant de prêter le serment exigé par la loi du 19 fructidor an 5 ; condamné à l’exil perpétuel, il fut déporté à l’Ile de Rhé ; rendu à la liberté en 1800, il revint dans son pays où il exerça dignement le saint ministère et mourut à Rossignol le 10 juillet 1841 pleuré comme un père par ses paroissiens qu’il aimait comme des enfants » [35]  Si l’abbé Clesse est envoyé en exil, le curé Duchemin, trop âgé, reste en prison à Luxembourg.

Un peu plus tard, en 1819, la chapelle des seigneurs attenante à l’église de Tintigny, fut l’objet d’un litige entre la commune et le baron d’Huart.   On peut également relever l’analyse proposée par Roland Yande [36] à propos du rachat du presbytère de Tintigny par la commune en 1811.


5.- L’ENTREE DANS LA MODERNITE

Le Duché de Luxembourg a disparu avec la Révolution : Tintigny, en l’an III (1795) fait partie du Département des Forêts, du canton d’Etalle, puis en l’an X, de l’arrondissement communal de Neufchâteau.  En 1819, Tintigny dépend du district de Virton ; en 1822, du quartier de Virton.

En 1823, Tintigny acquiert le titre de commune qu’elle gardera lors de l’indépendance de la Belgique, puis lors des fusions de communes en 1976, en ramenant dans son giron Rossignol, Bellefontaine et Saint-Vincent.

5.1.- LA DISTRIBUTION D’EAU

Les réseaux de distribution d’eau se développent au 19ème siècle : abreuvoirs et fontaines sont construits dans le style « néo » [37].  Le guide touristique du Touring Club de Belgique publié en 1929 (Remisch, op.cit., p.50) souligne la qualité du réseau : « C’est à l’initiative du docteur Robert que fut établi, en 1882, l’excellente distribution d’eau qui rend grand service aux habitants et orne le village.  L’eau pure et abondante, captée sur les hauteurs dominant la localité et menée dans les fontaines publiques, de véritables monuments, et dans les habitations particulières, à la grande satisfaction de tous ».

Subsistent de cette époque :

·         à Ansart : un lavoir néo-classique de la 2ème moitié du 19ème siècle (rue du Centenaire, n°34 ; bien classé le 03/01/85, à l’exception de l’annexe) ;

·         à Bellefontaine : un lavoir en cave-haute de 1872-1873 (rue J.C. de Hugo, classé le 24/10/90), et un lavoir de 1885 en cave-haute (rue du Culot, n°258) ;

·         à Lahage : lavoir de la période 1870-1914 (rue St Hubert, n°40), lavoir en long de plan rectangulaire ouvert par une grande baie (rue St Hubert, n°53) ;

·         à Rossignol : pompe-abreuvoir fin 19ème-début 20ème siècle (place des Coloniaux), lavoir de 1867 en cave-haute (rue de la Fontaine) ;

·         à Tintigny : la Fontaine aux Lions (1882).

La Fontaine aux Lions

La Fontaine aux Lions est une des plus belles fontaines de la région.  Elle date de 1882.  Elle est située au centre de Tintigny, au carrefour des routes.  Il s’agit d’un lavoir à ciel ouvert entouré d’un mur d’enceinte rehaussé de motifs décoratifs en fer forgé.  Elle est surmontée d’un fronton en pierre bleue supportant deux lions qui se font face et soutiennent la hampe d’un drapeau.  Le fronton est rehaussé d’une rosace gravée dans la pierre et de deux mascarons à tête de lions reliés entre eux par une chaîne.  En contre-bas du fronton, des bacs servaient autrefois de lavoirs.  Ceux-ci sont subdivisés, certains servant à lessiver, les autres à rincer le linge.


La Fontaine du Culot

La Fontaine du Culot est un lavoir construit en 1885.  C’est un bâtiment fermé en pierre sinémurienne avec un toit à deux pans.

La Fontaine du Guenevin

La Fontaine de Guénévin est un lavoir.  C’est un bâtiment fermé en pierre sinémurienne avec un toit à deux pans.  Sur le pignon de la façade, la porte d’entrée très large est dominée par un larmier horizontal surmonté d’un œil-de-bœuf.

La Fontaine Centrale de Bellefontaine

La Fontaine du Centre est un lavoir construit en 1873.  C’est un bâtiment fermé en pierre sinémurienne avec un toit à deux pans.  Il retient l’attention par ses spirales en fer forgé (œuvre du forgeron M. Sauvage) qui relient les piliers de l’avant-corps à la façade du bâtiment et par la délicate frange métallique bordant le pourtour du toit.  Ce bâtiment est classé.  Il comporte 4 bacs intérieurs et un abreuvoir extérieur.  L’alimentation en eau se fait par des tuyaux en fonte.

Les bâtiments des fermes sont construits dans des matériaux plus durables.  Ils constituent d’ailleurs les principaux éléments du patrimoine architectural de l’actuelle entité communale.

La Ferme de la Vieille Hage
 

La baronne d’Anethan dont l’époux avait acheté au début du 19è siècle l’essentiel des possessions de la marquise de Trazegniess, dernier seigneur de Villemont avant la révolution française, fit construire la ferme de la vieille Hage en 1829. Son beau-fils Henri Vincent d’Huart en devint propriétaire au milieu du 19è siècle.  Par héritages successifs, l’immeuble resta dans cette noble famille jusqu’en 1949.  Depuis lors, Monsieur Lambert en est le propriétaire-exploitant.  Le bâtiment est construit en pierre du pays.  L’encadrement des fenêtres est en pierre de cron.

5.2.- Le développement des réseaux de communication

Avec la naissance de l’Etat belge, apparaissent également de nouvelles voies de communication qui tout à la fois contribuent à l’unification du pays nouvellement constitué et au désenclavement des régions les plus éloignées.  Le territoire de l’actuelle entité de Tintigny compte ainsi plusieurs points d’arrêt sur la ligne de chemin de fer Athus-Meuse et était traversé par une ligne de « tramway ».

La création d’une ligne de chemin de fer reliant la région sidérurgique athusienne à la Meuse fut décidée par le Ministère des Travaux Publics en 1872, une dizaine d’années après l’ouverture de la ligne du Grand Luxembourg, Bruxelles-Arlon (1859).  La ligne Athus-Meuse fut exploitée sur toute sa longueur à partir de 1900.

La Ligne de Chemin de Fer Athus-Meuse

(Point d’Arrêt de Lahage ; Gare de Saint-Vincent-Bellefontaine)

Le tronçon Signeulx-Florenville, avec point d’arrêt à Lahage (3 km du village) fut ouvert au service des voyageurs le 26 mars 1879.  C’est dans cette région que la ligne Athus-Meuse connaît sa plus forte pente, 16/1000, qui permet toutefois le remorquage en double traction diesel d’une charge de 1.800 tonnes.  Cette ligne soulage fortement le trafic sur la ligne Bruxelles-Namur-Arlon.

L’électrification, en cours depuis quelques années, devrait se terminer en 2006.  En 1998, le pont a été rehaussé et mis au gabarit des caténaires.

Construite en 1910, la gare de Bellefontaine, nom d’origine, fut rebaptisée gare de Saint-Vincent-Bellefontaine quand on s’aperçut qu’elle avait été édifiée sur le territoire de cette commune.  Elle a été fermée aux voyageurs en 1984 et partiellement détruite quelques années plus tard pour ne laisser que le local du signaleur (la signalisation est aujourd’hui encore mécanique, à palette).  Un incident technique survenu en cette gare à l’aube du 6 octobre 1947 fut à l’origine d’un terrible accident ferroviaire.  Le tronçon de la ligne entre Meix-Devant-Virton et Saint-Vincent est fort pentu.  C’est une rampe de 16/100 sur les 7 km qui séparent les deux haltes.  Le 6 octobre 1947, vers 5 heures du matin, un lourd train de marchandises venant d’Athus a connu une rupture d’attelage à Saint-Vincent.  La moitié du train, soit 20 wagons, a dévalé la pente jusqu’à Meix et a percuté à une vitesse estimée à 150 km/h, la micheline « voyageurs » qui quittait la gare de Meix.  La catastrophe fit 5 tués et 5 blessés graves.  La gare de Meix-Devant-Virton fut littéralement pulvérisée par le « train-fou ».

La Voie du Tram

La ligne Marbehan-Sainte-Cécile, répertoriée « Concession n° 163 » à la société des chemins de fer vicinaux a été inaugurée le 18 juin 1911.  Elle développait 30 km 400 entre la gare du chemin de fer de Marbehan (ligne du Luxembourg) et le point d’arrêt de Sainte-Cécile où passait jadis la ligne de grand chemin de fer Bertrix-Herbeumont-Muno (avec prolongation jusqu’à Carignan, envisagée mais non réalisée).  Le coût de la ligne s’élèvera en 1911 à 2.200.000 frs soit 72.300 frs par kilomètre.  Venant de Marbehan, la voie traversait Rossignol d’est en ouest, puis joignait Les Bulles, Jamoigne, Florenville, Chassepierre et Sainte-Cécile.  Le 10 mai 1940, l’armée belge fit sauter les ponts de la ligne Termes et Jamoigne.  Le vicinal ne fut plus remis en service ; les allemands démontèrent partiellement les rails en 1942 et les transportèrent en Ukraine.  Depuis lors un service autobus assure le transport des voyageurs.

L’Ancienne Ligne du Tram Vicinale

Construite en 1908 avec un budget de  1 850 000frs, la ligne vicinale n°141 reliait Etalle à Villers Dt Orval en traversant Sainte-Marie-Sur-Semois, Tintigny, Bellefontaine, Saint-Vincent Gare, Gérouville, Limes et l’Abbaye d’Orval, soit 31 kilomètres.  Les locomotives à vapeur parcoururent la ligne jusqu’en 1935 date à laquelle les autobus assurèrent le service de transport voyageurs et marchandises.


5.3.- L’édification de lieux du culte

C’est à cette époque qu’ont été érigées les actuelles églises de Rossignol et de Lahage.

L’Eglise de Lahage

L’Eglise Saint-Hubert de Lahage a été construite en 1842 comme le renseigne la pierre de France millésimée scellée à l’arrière de l’édifice au-dessus de la porte murée de l’ancienne sacristie.  L’édifice est de style néoclassique représentatif de la 1ère moitié du 19è siècle et fort en vogue dans la région.  La tour de l’église abrite deux cloches dont une de 540 kg fut enlevée par les allemands le 4 mai 1944 et retrouvée à Hambourg après la guerre.  Le mobilier est constitué d’un maître-autel et de deux autels latéraux rehaussés de retable de style classique. Diverses statues en bois polychrome du 18è siècle ornent la nef.  La chaire de vérité date de la même époque.

L’Eglise de Rossignol

L’Eglise actuelle construite sur l’emplacement d’un plus vieil édifice date de 1847 et est de style approchant le néoclassique, style en vogue au milieu du 19è siècle et fort répandu dans la région (Virton, Neufchâteau, Bellefontaine,…).  En 1893, le curé de Rossignol, l’abbé Charlemagne Hubert, fit construire les deux chapelles latérales et le jubé.  Plusieurs meubles décorant l’église retiennent particulièrement l’attention.  Le tableau du maître-autel est une œuvre du frère Abraham, illustre moine d’Orval au 18è siècle et une sculpture en bois de Saint-Nicolas embellissent la nef.  A la chapelle des Fonts-baptismaux, les arceaux de la voûte portent les 32 quartiers de noblesse de la famille de Laittres, seigneurs de Rossignol depuis le 17è siècle, originaires de Saint-Mard (les arceaux proviennent d’ailleurs de l’ancienne église de Saint-Mard).  Le 22 août 1914, l’église fut sérieusement endommagée par les tirs d’artillerie des belligérants.  Le clocher fut incendié.

6.- LA GUERRE 1914-1918

La guerre 1914-1918 constitue un épisode particulièrement tragique, dont les événements ne sont pas sans évoquer des drames plus récents.  Les combats du 22 août 1914 fauchent 3.500 jeunes soldats allemands et français.  Le cimetière militaire du Radan à Bellefontaine et les deux cimetières français dans les bois de Rossignol rappellent de façon obsédante, l’horreur de cette date.  Le village de Tintigny est à nouveau incendié et 92 civils fusillés par les Allemands.  Le 26 août 1914, 121 « francs-tireurs » – ainsi désignés par les allemands – de Rossignol sont emmenés par l’envahisseur à la gare d’Arlon [38].

On peut se rapporter également au récit de E. Milehan [39] à propos des atrocités commises à Tintigny le 22 août 1914, repris par Remisch J. [40]; de même que le récit de J. Hubert sur la bataille de Rossignol, repris dans le même ouvrage.  Ou encore à l’ouvrage de J. Schmitz, N ; Nieuwland [41].  Roger Marchal [42] évoque lui aussi les événements d’août 1914.

Le 22 août 1914, les Coloniaux de la 11ème division française, après avoir entrepris la marche à la mort vers Neufchâteau, se sont repliés pour défendre le village de Rossignol contre les assauts du 4ème corps allemand de l’armée du duc de Wurtemberg qui, venant de l’Est par Thibessart, Mellier, Les Fossés, Marbehan remplissait la partie sud de la forêt.  En voici le récit proposé par Remisch[43].

« Les Allemands à l’affût à la lisière du bois virent descendre des hauteurs de Bellefontaine–Saint-Vincent (ferme du Chenois), des parties du corps colonial français, placé dans la 4ème armée du général Langle de Cary.  La 3ème division, dirigée par le général Raffenel, va rencontrer l’ennemi à Rossignol.  Le choc fut terrible.  Bientôt, la contrée était jonchée de cadavres d’hommes et de chevaux, tant du côté allemand que du côté français. (...) Au cours de la journée, en dirigeant le feu de ses deux pièces, tomba le lieutenant Psichari : une stèle commémore son héroïsme à l’endroit où il fut blessé à mort, à l’entrée du village, à droite du chemin venant de Breuvanne ».

Les affrontements militaires furent suivis d’exactions envers la population civile.  « Les 19, 23 et 26 août 1914, trois hommes et une femme de Rossignol tombèrent dans ce village, victimes de l’envahisseur barbare ; ils furent inhumés au cimetière communal.  Le 26 août 1914, cent huit habitants (dont une femme) de Rossignol, sept de Breuvanne, cinq de Saint-Vincent et deux de Tellancourt (France), emmenés de Rossignol comme otages, furent lâchement assassinés en gare d’Arlon.  A l’exception d’un habitant de Rossignol et d’un de Tellancourt qui y reçurent une sépulture privée, ces martyrs furent inhumés dans une fosse commune au cimetière d’Arlon et ils y reposèrent six ans.  Le 18 juillet 1920, après avoir été, en présence de S.M. le Roi Albert, l’objet d’une glorieuse manifestation, ces corps furent le lendemain transférés solennellement au “ Calvaire ” de Rossignol.  C’est sur l’ossuaire où ont été recueillis les restes mortels de ces victimes innocentes, qu’a été érigé le monument inauguré le 1er juin 1925 par S.M. la Reine »[44].

Le patrimoine architectural de Tintigny a été en grande partie ruiné lors des atrocités allemandes d’août 1914.  Ainsi, Breuvanne a été durement éprouvé, de même que Saint-Vincent (18 habitations y ont été détruites), Ansart (35 habitations sur 64 ont été incendiées), Poncelle (25 habitations incendiées sur 45), Rossignol à moitié détruit et Tintigny, ravagé aux deux tiers par les troupes allemandes.  Bellefontaine a moins souffert : seuls 6 bâtiments ont été détruits en août 1914.  Seul Han fut épargné en 1914 par les Allemands qui y avaient établi un hôpital.


Le cimetière du 4ème régiment français d’infanterie coloniale, dit « Cimetière de l’Orée de la Forêt » et le cimetière dit « du plateau » situés route de Neufchâteau à Rossignol ont été classés le 30/11/89.
Le Cimetière Militaire du Radan 1914-1918

Erigé par les Allemands à partir de mai 1917, ce cimetière regroupe 527 militaires français et 298 militaires allemands victimes des combats acharnés de Bellefontaine du 22 août 1914.  Ce jour-là, le 120ème Régiment d’Infanterie (3.400 hommes) ; le 19è Régiment de Chasseurs à Cheval (750 cavaliers) et le 42è Régiment d’Artillerie (36 canons) de la 4è Armée Française disputèrent férocement le village de Bellefontaine au 10è Régiment de Grenadiers (3 400 hommes), le 11ème Régiment de Chasseurs à Cheval et le 6ème Régiment d’Artillerie (42 canons) de la 5è Armée Allemande commandée par le Kronprinz.  Ce fut une victoire française mais inutile en raison de la tragique défaite du corps colonial le même jour à Rossignol.

Le Cimetière dit l’Orée du Bois

Ce vaste cimetière fut érigé par les Allemands dans le courant de l’année 1917 en même temps que le cimetière « du plateau » situé sur la route de Neufchâteau et que le cimetière « est » sur la route de Marbehan, ce dernier aujourd’hui disparu. Quelques 2.500 morts militaires du 22 août 1914 sont rassemblés ici.


Le Monument Cozier

Cette stèle représentant un arbre crucifère enlacé de plantes grimpantes a été érigé après la 1ère guerre par les collègues et amis du brigadier des Eaux et Forêts Jules Cozier de Rossignol, le 26 août 1914 à proximité de la gare d’Arlon.

Le Monument aux Coloniaux

Ce monument rappelle le souvenir de la 3ème division d’infanterie coloniale de l’armée française massacrée le 22 août 1914 dans les bois de Rossignol par le VI corps d’armée silésien.  Les différents régiments de cette division d’élite engagés dans la région perdirent quelques    5 000 hommes au début de la guerre.  Le monument en grès bleu, œuvre de l’artiste Jeanmart, de Sainte-Marie-sur-Semois a été érigé en 1927 à l’initiative d’un comité présidé par un officiel français, Monsieur Feunette, dont le fils Gaby Feunette avait été tué à Rossignol le 22 août 1914 et était enterré dans le cimetière militaire sis à côté du monument.  Histoire navrante : Monsieur Feunette se suicida sur la tombe de son fils après l’érection de ce monument.

A Ansart, rue du Monument, une chapelle commémorative érigée dans les années 1920 sur le lieu du massacre de 40 civils le 22 août 1914.


Le Nouveau Cimetière de Tintigny

Il date de 1922.  Le premier défunt à y être enterré fût le dénommé Camille Jacques, soldat au 12ème de ligne, mort pour la patrie le 29 septembre 1914 à Londerzeel d’où il fut exhumé pour reposer en sa terre natale.

Remisch précise que, par l’intermédiaire de l’avocat Thomas Braun, l’attention du monde littéraire fut portée sur Rossignol, lieu de la mort d’Ernest Psichari, (voir supra section 1, chapitre 2 historique, 5. personnage historique) jeune écrivain de valeur : « Sa voix émue résonna dans les deux pays ouvrant aux deux peuples alliés le chemin d’un nouveau pèlerinage.  Il réunit à Rossignol des écrivains et de hautes personnalités de France et de Belgique, dans des manifestations grandioses pour honorer la mémoire du jeune écrivain.  L’âme d’Ernest Psichari semble planer désormais sur Rossignol et le cimetière de la forêt.  Rien de plus touchant comme la visite du Roi et de la Reine, du Nonce du Pape et des princes de l’Eglise, des plus hautes autorités des deux pays qui vinrent s’y agenouiller ou s’y recueillir »[45]

7.- PLUS RECEMMENT

En 1931, en collaboration avec le Motor Club Luxembourgeois, Ernest Degand, garagiste à Tintigny, organisa sur le tronçon Tintigny-Bellefontaine de la route nationale, le 1er Grand prix de la Semois, kilomètre lancé en moto de vitesse pure. Cette course fut disputée plusieurs années d’affilée et connut un très grand succès.  Des pilotes célèbres et champions de Belgique y participèrent par exemple, le Bruxellois R. Milhou sur sa moto FN et le fameux R. Grégoire d’Aywaille sur une moto Saroléa.

D’autres traces subsistent d’un passé plus récent.

Le Chemin des Aisances de Bellefontaine

Jusqu’à il y a peu, les aisances se disaient des terrains communaux mis gracieusement à le disposition des villageois indigents qui pouvaient y cultiver selon leurs besoins. Durant l’entre-deux-guerres, on y construit, pour la distribution d’eau communale, une station de pompage. La station est aujourd’hui hors service.

Certaines sont associées à la 2ème guerre mondiale.

La Stèle Richter

Monument dédié aux cuirassiers français du 5ème Régiment tombés à Bellefontaine le jour de la déclaration de guerre, le 10 mai 1940.  Le lieutenant Richter et sept de ses hommes, originaires d’Alsace, tombèrent ici.  Le Conseil d’Alsace a offert ce monument constitué d’un bloc de grès rose alsacien.

La Vachère

Lieu-dit d’origine inconnue.  La baraque Payat fut durant la 2ème guerre mondiale une base de la résistance luxembourgeoise qui dut l’abandonner après qu’elle fut découverte et prise d’assaut par les soldats allemands.

Peu à peu, durant la 2ème moitié du 20ème siècle, la route Arlon-Florenville gagne en importance : elle traverse, en lacets, le village de Tintigny – comme les localités voisines de Jamoigne ou d’Etalle –, ce qui pose des problèmes de sécurité et de bruit.  La circulation s’y est accrue, en raison notamment du nombre croissant de navetteurs vers le Grand Duché de Luxembourg.  D’autre part, le développement d’activités tertiaires à Tintigny et Bellefontaine, plus tôt que bien d’autres villages du Sud-Luxembourg, en particulier les commerces.

8.- PERSONNAGES HISTORIQUES

Quelques personnalités ont marqué le passé de la vie de Tintigny par leurs talents, leurs bienfaits reconnus par de hautes dignités.

8.1.- Ernest Psichari (1883-1914)

Né le 21 septembre 1883, Ernest Psichari est écrivain.  Il est grec par son père et baptisé selon le rite grec.  Il se convertira au christianisme.  Il possédait un talent sérieux de violoniste et aimait la musique avec passion.  Il était dépourvu de vanité : devenu sergent dans l’armée, il rendit ses galons et redevint simple soldat pour aller en Afrique.  A son retour du Congo, accueilli par de beaux succès littéraires, il fut question de lui pour le grand prix de littérature, mais la décision de l’Académie coïncidait avec la date de sa rentrée en garnison à Cherbourg.  Il ne demanda pas de prolongation de séjour pour rester à Paris et recevoir son prix.

On lui doit : L'Appel des Armes (Paris, Éditions Louis Conard, 1946), Lettres du Centurion: L'Adolescent- Le Voyageur- Le Croyant (Paris, Éditions Louis Conard, 1947), Terres de Soleil et de Sommeil (Paris, Éditions Louis Conard, 1947), Les Voix qui Crient dans le Désert: Souvenirs d'Afrique (Paris: Éditions Louis Conard, 1947) et Le Voyage du Centurion (Paris: Louis Conard, 1926).  Chacun des livres d’Ernest Psichari marque non seulement une étape de sa vie, mais de sa conversion.  Il fut baptisé et fit sa première communion à 29 ans.  Psichari est entièrement pénétré par la pensée de Dieu.  Il souhaitait rentrer dans « le Tiers Ordre de Saint Dominique » et échanger son uniforme d’officier contre la robe blanche des Dominicains.

C'est en 1898 que Ernest Psichari rencontre, à Paris, Jacques Maritain.  Il va désormais graviter dans le groupe constitué , autour de ce dernier, par Rouault, Péguy, Bloy.  C'est le début d'un cheminement qui conduit ce militaire mystique au baptême et à l'écriture de son testament spirituel Le voyage du Centurion.  Il meurt, dès le début de la grande guerre le 22 août 1914 – peu de jours avant Péguy – à Rossignol, où il est enterré.

Psichari et ses 785 compagnons d’armes reposent dans celui qui est à l’orée de la forêt.  Devant la tombe de Psichari, un cilorium surmonté d’une croix grecque, est élevé sur un bloc de maçonnerie.

Jacques Maritain (1882-1973) a d’abord été enseignant de philosophie au Collège Stanislas à Paris.  En 1913, il publie un ouvrage consacré à la philosophie de Bergson.  Pendant la première guerre mondiale, il enseigne à l’Institut Catholique, contribuant à l’effort de guerre contre l’Allemagne en enseignant la philosophie allemande et en montrant pourquoi elle reflétait des tendances vers le totalitarisme.  Durant la guerre, il va perdre bon nombre de ses amis les plus proches, dont Ernest Psichari et Charles Péguy morts sur le champ de bataille.

Durant la guerre, Jacques Maritain entretient une correspondance avec Pierre Villard, officier de l’armée française qui traverse une difficile crise spirituelle.  Maritain lui apporte une aide et après la mort de Villard au combat, on découvre qu’il lui avait laissé une somme importante d’argent.  Ce qui donne à Maritain une indépendance financière et l’aide à se consacrer à la promotion des études thomistes.

Jacques Maritain fut un proche du général de Gaulle.  « Les lectures choisies par de Gaulle sont très souvent des lectures spirituelles.  On note avec intérêt des citations relevées dans ses Carnets et qui proviennent de l’Ancien et du Nouveau Testaments.  Il est également familier de saint Paul, de Méliton, évêque de Sardes, de saint Augustin, de saint Thomas, de Bossuet, de Pascal, surtout.  Parmi les écrivains de sa jeunesse, c’est la rencontre intellectuelle avec le Péguy d’Éve, du Mystère des saints innocents, de Jeanne d’Arc et aussi de Psichari.  Ses écrivains préférés sont Georges Bernanos, François Mauriac.  Pendant la guerre, il se rapproche de Maritain et sera sensible à l’appui de Bernanos et de Mauriac »[46]


8.2.- Personnalités locales

Outre les Seigneurs de Barbanson, de Villemont qui occupèrent des fonctions de Prévôt à Florenville, Etalle, Chiny, Marville, et Arnoux de Mérode qui fut membre du Conseil de Luxembourg (1655), citons encore :

·         du Faing François, né à Izel, le 28 octobre 1809, docteur en médecine, chirurgie et accouchements qui s’était fixé à Tintigny où il mourut le 31 décembre 1833.  Il n’avait que 22 ans !

·         J.B. Heuschling, jurisconsulte, né à Luxembourg en 1764 qui fut nommé huissier à Tintigny le 4 novembre 1788.

·         Englebert Philippart, provenant du pays de Bastogne, bachelier en théologie qui fut curé à Tintigny de 1630 à 1676.  Il fonda au profit des enfants de sa paroisse une bourse d’études au séminaire de Luxembourg.

·         Le Président Jeantin, auteur entre autres de plusieurs ouvrages très connus sur l’ancien Comté de Chiny qui passa les dernières années de sa vie à Tintigny. En 1873, il écrivit un long rapport sur la découverte d’un cimetière romain près de Poncelle.

·         Le Baron Frédéric d’Huart, officier de l’armée Belge, assassiné au Mexique, au début de 1866 où il était allé notifier aux dirigeants de ce pays, la mort de notre premier roi Léopold 1er.

·         Louis et Anthony Collard, héros de la résistance 14-18, membres du réseau « Dame Blanche », capturés à Liège au Quartier Général de « Dame Blanche » le 8 mars 1918 ; ils furent torturés puis exécutés à la forteresse désaffectée de la chartreuse (Robermont Liège) sans avoir donné le moindre nom du service de renseignements.

·         Jean-Louis Orban

·         Thierry d’Ansart, abbé d’Orval

·         Camille Joset

·         Marcel Moreaux

·         Edouard Liégeois


 



[1]     Coins de Gaume, mon beau pays. Etalle, Habay, Tintigny, Chiny, Edité avec la collaboration de la Banque Nagelmackers 1747, Charleroi, 1981.

[2]     Sarlet D., Matthys A., Le patrimoine monumental de la Belgique, Wallonie, 21, Luxembourg, Arrondissement de Virton, 1995, Pierre Mardaga Editeur, p.10

[3]     Delhez J.Cl., “ Essai sur le peuplement de la Gaume à l’âge du fer ”, Annales de l’Institut Archéologique de Luxembourg, Tomes CXXVI-CXXVII, années 1995-1996, pp.39-40

[4]     Delhez J.Cl., ibid.

[5]     Brau P. (éditeur), Histoire et patrimoine. Luxembourg belge, Editions Alambic, 1996, p.54

[6]     in « Vocabulaire de Wallonie usité pour désigner les phénomènes karstiques », site web http://www.speleo.be/ubs/dossier/vocawal/lexique4.htm, 04/01/2000

[7]     Brau P. (éditeur), Histoire et patrimoine. Luxembourg belge, Editions Alambic, 1996, p.49

[8]     Mariën M.E., La nécropole à tombelles de Saint-Vincent, Monographies d’archéologie nationale, Musées royaux d’art et d’histoire, Bruxelles, 1964

[9]     Cahen-Delhaye Anne, “ Quelques retranchements aux confins de Bellefontaine ”, Archaeologia Belgica, 213, Conspectus MCMLXXVIII, Bruxelles, 1979, p.71

[10]    Sarlet D., Matthys A., 1995, op.cit., p.49

[11]    Articles parus dans Le Pays gaumais. La terre et les hommes, Revue régionale, 32e et 33e années, 1971-1972, Editions du Musée gaumais, Virton

[12]    Repris notamment dans Sarlet et Matthys (1995, op.cit.).

[13]    Chaussée romaine. De Reims à Trèves, Editions Eole, Collection Découvertes, 1998, p.70

[14]    SEPAL, Semois et Chiers, Guide touristique des promenades pédestres et automobiles de la Semois et de la Chiers, Florenville, p.165

[15]    SEPAL, ibid.

[16]    Passé présent du Luxembourg belge, Editions Alambic, 1995

[17]    Brau, 1996, op.cit., p.115.

[18]    Extrait du site web de l’Abbaye d’Orval : http://www.orval.be/fr/temps/temps1.html

[19]    In Brau P. (éditeur), Histoire et patrimoine. Luxembourg belge, Editions Alambic, 1996, p.114

[20]    Si la forêt de Chiny m’était contée, Editions du Sorbier, Arlon

[21]    Passé présent du Luxembourg belge, Editions Alambic, 1995, p.284

[22] Passé présent du Luxembourg belge, Editions Alambic, 1995, p.284

[23] Remisch J., La Semois et ses affluents. Le Luxembourg méridional, 3ème édition, Editions du Touring Club de Belgique, Bruxelles, 1929, p.50

[24] Coins de Gaume, mon beau pays. Etalle, Habay, Tintigny, Chiny, Edité avec la collaboration de la Banque Nagelmackers 1747, Charleroi, 1981, p.152

[25]    1929, op.cit., p.50.

[26]    1981, op.cit.

[27]    Mendieta G.A. de, Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique. Province de Luxembourg, canton d’Etalle, Ministère de la Culture française, Institut Royal du patrimoine artistique, Bruxelles, 1976, p.31

[28]    « Epitaphes et mémoriaux de la Gaume », Le Pays gaumais, La terre et les hommes, Revue régionale, 9ème année, 1948, Edition du Musée Gaumais, Virton, pp. 101-112

[29]    1948, op.cit.

[30]    Petit, ibid.

[31]    Petit, ibid.

[32]    Petit, ibid.

[33]    Remisch J., 1929, op.cit. p.50.

[34]    Dorban M., “ Le dénombrement du Luxembourg en 1766.  Essai de critiques historique et statistique : le cas du décanat d’Yvoix-Carignan ”, in Le Pays gaumais. La terre et les hommes, Revue régionale, 32e et 33e années, 1971-1972, Editions du Musée gaumais, Virton, pp.58-73

[35]    Petit, ibid.

[36]    Yande Roland, “ Enquête sur un bien noir… ou le rachat du presbytère de Tintigny par la commune en 1811 ”, Annales de l’Institut archéologique du Luxembourg, Tomes CXXVI-CXXVII, 1995-1996, pp.253-273

[37] Sarlet, Matthys, op.cit., 1995, p.14

[38] Passé présent du Luxembourg belge, op.cit., 1995, p.284

[39] publié dans Les Nouvelles du 19 juin 1919

[40] La Semois et ses affluents, 2ème édition, Publication du Touring Club de Belgique 

[41] L’invasion allemande dans les provinces de Namur et du Luxembourg, t.VIII, Bruxelles-Paris, 1926 ; plans pour Ansart, Poncelle, Rossignol et Tintigny

[42] Coins de Gaume, mon beau pays. Etalle, Habay, Tintigny, Chiny, Edité avec la collaboration de la Banque Nagelmackers 1747, Charleroi, 1981, p.125

[43]    1929, op.cit., p.65.

[44]    ibid.  On notera que le nombre de victimes est, selon la documentation présentée par Triffaux (Le Pays d’Arlon et la Gaume au fil du XXe siècle, 2000), de 121 : 110 de Rossignol, 6 de Breuvanne et 5 de Saint-Vincent.

[45]    1929, op.cit.

[46]        Site web de la Fondation et Institut Charles de Gaulle, http://www.charles-de-gaulle.org/degaulle/fiches/religion.htm).