EN RESUME…

Les traces de peuplement les plus anciennes remontent au premier Age du Fer (période dite de Hallstatt, entre 850-750 et 475 avt JC) : le cimetière à incinération de Saint-Vincent et celui de Breuvanne – dont on suppose l’existence – font partie d’un même ensemble de traces archéologiques de cette époque lointaine ; on peut également y inclure la forteresse du Gros Cron (Lahage).  Les quatre groupes de tertres funéraires de Saint-Vincent sont les seules nécropoles hallstatiennes de la Province de Luxembourg.

Sous l’époque gallo-romaine, marquée par la construction de la voie reliant Reims à Trèves, une localité semble s’être constituée : certains voient dans le nom de Tintigny, un synonyme du Tintingen allemand, sorte de champ de mars où se tenaient les plaids, ou de la villa romaine (Tintinacum), ou encore de la teinturerie moyenâgeuse (Tinctorie).  De nombreux débris d’établissements romains jonchent en tout cas le sol de la commune.

C’est en 1097 que pour la première fois apparaît le nom de Tintigny dans une charte de fondation du prieuré de Ste Walburge de Chiny.  Certains hameaux ou fermes isolées, comme la « Prêle », « Longhu », et « Houdrémont » sont cités plus tard, en 1258, dans la charte d’affranchissement de Tintigny à la loi de Beaumont.  Comme beaucoup de villages de la région, la vie quotidienne à Tintigny est intimement liée à la noblesse locale résidant dans le château de Villemont, à l’Eglise (qu’il s’agisse de la paroisse ou de l’Abbaye d’Orval) et au Comté de Chiny.

Tintigny connaîtra aussi une ère de désastres et de malheurs depuis l’occupation bourguignonne jusqu’à la révolution française.  Sa place près du château, sa situation stratégique près la Semois l’ont exposé plus encore aux dévastations exercées par les troupes de toutes nationalités.  En 1542, le village est incendié et ruiné lors de l’envahissement du Luxembourg par les troupes du Duc d’Orléans.  Seize ans plus tard, en 1558 il est à nouveau occupé par les troupes françaises commandées par Hautecourt, lieutenant du Duc de Nevers. Elles s’emparent du château de Villemont et le livrent aux flammes  Cette occupation par Français, Croates, Polonais, Autrichiens, Hongrois qui se livrent à des cruautés, des infamies, des excès de tous genres durera presque jusqu’à la fin du 18ème siècle !  En 1636 vint s’ajouter cette terrible épidémie de peste qui n’épargna pas la population de Tintigny.

La fin du 18ème siècle va marquer aussi la fin de l’ancien régime… La Révolution française apporta son lot d’excès mais aussi une nouvelle organisation administrative et judiciaire.  En 1766, Tintigny comptait 392 habitants et 89 maisons.

Le Duché de Luxembourg a, lui aussi, vécu avec la Révolution : Tintigny, en l’an III (1795) fait partie du Département des Forêts, du canton d’Etalle, puis en l’an X de l’arrondissement communal de Neufchâteau. En 1819, elle dépend du district de Virton, en 1822 du quartier de Virton.  En 1823, elle acquiert le titre de Commune qu’elle gardera lors de l’indépendance de la Belgique et encore lors des fusions de communes en 1976, en ramenant dans son giron Rossignol, Bellefontaine et Saint-Vincent.  Les réseaux de distribution d’eau et de communication (ferroviaire, notamment) se développent au 19ème siècle et consacrent l’entrée des localités dans une autre époque, celle de la modernité naissante.

La guerre 1914-1918 constitue un dernier épisode tragique : les combats du 22 août 1914 fauchent 3.500 jeunes soldats allemands et français ; et les civils payent un lourd tribut face à la barbarie des troupes allemandes.