Le drame de la Villa des Hirondelles - Extrait

(Laurent Lombard - Editions Vox Patriae)

 

Tout était souffrance dans la vie des Godefroid* depuis la journée fatale où les policiers allemands étaient venus les surprendre à la Villa des Hirondelles.  Tout ... Plus une minute, plus une seconde de répit ... Alerte continuelle. Ah ! ces terribles interrogatoires !

Tout accepter, injures, coups, blessures n'était rien.  Ce qui angoissait les deux braves, c'était la crainte de succomber un jour sous la pression des mauvais traitements, de perdre la tête ne fût-ce qu'un instant.

 

Autre supplice, tout aussi redoutable que les interrogatoires parce que ne laissant nul répit à ceux qui l'endurent : la faim.  Ces deux solides gars ne reçoivent comme nourriture qu'un morceau de pain le matin, un peu de soupe à midi et à six heures.  A ce régime, le corps dépérit lentement, les énergies faiblissent, le désespoir s'insinue lentement dans les coeurs les mieux cuirassés contre les défaillances.

Godefroid I écrit sur les murs du préau : "De grâce, secourez-nous, nous mourons de faim !"  Et Godefroid II : "Du pain ! Du pain !"

* Godefroid I et II étaient les noms de code donnés à Louis et Antony dans le réseau